Texte

 

 


------------------------------Mes pas et mes pensées - Projet Ariane - , 

                              texte écrit pour l'occasion d'une exposition sur Lorient

 

 


Mes pas et mes pensées se tournent encore vers ces lieux d’habitations connus plus jeune, vers ces quartiers qu’on évite, même si on ne les connaît pas, qu’on regarde à peine, qu’on frôle, une peur ou pire un détournement rituel -  C’est la banlieue, et c’est tout ! – .

Le pas décidé, je circule, j’explore, je trouve un écho lointain d’une vie passée ailleurs que dans ces lieux-là mais proche avec moins d’accidents, d’incidents. Je prends connaissance des lieux, de ces murs, des arbres plantés, du peu de verdure, de quelques résidus restés éparses ci et là. J’aborde au passage des gens curieux, des regards inquiets ; je photographie comme réponse. Souvent je rencontre peu de personne. Je tourne ; je rentre ; je suis un intrus ; je passe la main dans le trou de la vitre de l’entrée ; j’actionne l’ouverture de la porte sous les yeux de quelques passants habitués ; je monte et d’étage en étage derrière des portes blindées en ferraille souvent taguées, des sons sortent : des conversations entre femmes, des pleurs, la cuisine en marche du repas, la télé… ;  et de pas en pas, des « Déchets « que j’évite aux sons des habitants, m’apparurent comme un lien invisible de leur passage. Ce lien, ce peu de chose, sous le regard de l’appareil photographique, cet objet jeté là prend une dimension sculpturale  et nous invite à revoir le déchet comme une rêverie, une part que les habitants laissent à regarder ou à piétiner.

Des pas, encore, vers des restes de… jonchés au sol, des traces creusées, gravées dans le mur. Inlassablement marquer les murs, le sol en béton, de ritournelles, un jeu, une nouvelle manière d’habiter en insérant en son sein leur trace couche après couche de peinture, toujours marquer sa présence  - une façon de dire : eh ! Regardez-moi, j’existe ! – et par manque de visiteur continue cette absurde trace dans le vide, vide de l’absence de l’autre.

Habiter et ne pas se sentir vivre dans les lieux, laisser ses traces pour marquer sa présence une autre façon de s’approprier les lieux que par l’acte d’habiter.

Marquer, se marteler le corps/mur, se marquer, se déchirer, une violence sourde, une histoire, une tension écrite, se réinscrire une présence comme si, il y avait à craindre une perte réelle physique pour chaque jour qui passe de la perte de soi en profondeur, en épaisseur. Alors se rassurer dans l’inscription, s’inscrire pour combler le manque d’existence.

 

 
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